Compte-rendu de l’Assemblée Générale de l’Archevêché 2010

Le vendredi 30 avril et le samedi 1er mai, l’Assemblée Générale de l’Archevêché s’est réunie à l’Institut Saint-Serge, sous la présidence de S. Em. l’archevêque Gabriel.


Plan du Compte-Rendu


Élection de la commission de vérification des mandats et désignation des scrutateurs pour les votes

Le 30 avril, après la célébration d’un Moleben par l’archevêque Gabriel, l’AGO a commencé ses travaux à 14 h 45. L’archevêque Gabriel a prononcé quelques paroles d’accueil et il a proposé l’élection du bureau de l’Assemblée : premier vice-président, l’archiprêtre Wladimir Yagello, recteur de la paroisse Notre-Dame-du-Signe, à Paris, second vice-président de l’Assemblée, M. Ivan Chéret, membre du Conseil de l’Archevêché, le secrétariat de l’Assemblée étant assuré par M. Michel Sollogoub, secrétaire du Conseil de l’Archevêché. Mgr Gabriel a également annoncé avoir reçu une lettre du Patriarche œcuménique Bartholomée Ier contenant un message de bénédiction et d’encouragement pour les travaux de l’Assemblée, dont il a indiqué qu’il donnerait lecture le lendemain. Le père Wladimir Yagello a annoncé le nombre des délégués présents - 159 -, établi par la commission de vérification des mandats. Cette commission était composée de l’archiprêtre Serge Sollogoub, du hiérodiacre Athanase, de MM. A. Nivière et M. Ribault-Ménetière. L’assemblée procède également à la désignation des scrutateurs pour les votes du lendemain : père Daniel Cabagnols, père Nicolas Kisselhoff (qui, absent le 1er mai, sera remplacé par le père Yannick Provost), MM. O. Lavroff et S. Maraite.

Présentation du rapport moral de l’Archevêque Gabriel

Le père Wladimir Yagello a donné ensuite la parole à Mgr Gabriel qui présente son rapport moral pour la période 2007-2010. Dans son rapport d’activité, présenté le premier jour de l’assemblée, l’archevêque Gabriel a abordé plusieurs questions concernant la vie de l’archevêché et de ses paroisses ainsi que l’organisation du diocèse, l’autorité épiscopale et le travail pastoral. Sur le plan des statistiques, pour la période écoulée depuis la dernière assemblée générale en mai 2007, dix-huit prêtres ont été ordonnés et cinq autres reçus venant d’autres diocèses, trois prêtres sont décédés et trois ont quitté le diocèse. Mgr Gabriel est revenu sur les différents problèmes pastoraux auxquels il faut faire face, mentionnant notamment le manque de prêtres, l’accueil des nouveaux arrivants, la catéchèse des jeunes et des adultes. Il a insisté sur la place de l’évêque dans l’Eglise, en tant que fondement et garant de l’Eglise, et sur sa relation avec les prêtres qui agissent avec la bénédiction et sur délégation de l’évêque. Il a également évoqué la question des évêques auxiliaires, indiquant qu’il avait besoin d’être secondé, et qu’une révision des statuts de l’archevêché concernant les modalités de désignation des évêques auxiliaires devrait être envisagée.

Mgr Gabriel a dénoncé la diffusion dans certains médias et sur l’Internet de textes qui « participent, volontairement ou non, consciemment ou non, à une œuvre de déstabilisation » de l’archevêché, avant de faire siennes les paroles d’un évêque orthodoxe contemporain - le patriarche Cyrille de Moscou - qui affirmait, en décembre 2009, que « dans la sphère ecclésiale, le débat doit se faire suivant les règles établies : les déclarations irresponsables, le mensonge, les contre vérités, la calomnie et les accusations infondées sont intolérables ». Faisant références à ces attaques tout comme aux tentatives engagées par les autorités civiles et religieuses russes afin de s’emparer des églises de l’archevêché, à Biarritz, à Nice et ailleurs, il a déclaré : « Les épreuves sont des moments de vérité, elles doivent nous encourager à revenir au cœur de la mission qui est la nôtre, sans nous laisser emporter et détourner de cette mission par la violence des polémiques, car notre premier engagement en tant que pasteurs, en tant que chrétiens, est d’exprimer l’amour de Dieu en toute circonstance ». « Soyons, là où nous sommes, ce que nous sommes appelés à être, c’est-à-dire des pierres vivantes de l’Eglise en construction, en toute modestie et en toute humilité, mais avec la fermeté et la force que donne l’Esprit Saint, lorsque c’est la volonté de Dieu, et non notre volonté propre, que nous cherchons à faire », a-t-il poursuivi.

Affirmant que « l’Eglise est un organisme vivant » qui « n’est pas figé », qui « évolue », Mgr Gabriel a souligné que l’archevêché n’avait « jamais eu l’audace de vouloir représenter seul le monde orthodoxe en Occident ni de s’affirmer la structure centrale de l’orthodoxie dans nos pays », mais qu’il avait lancé aux autres juridictions présentes dans ces pays « une invitation quelque peu prophétique [pour] bâtir, tous ensemble, une Eglise orthodoxe localement unifiée, sans pour autant renoncer à l’amour et à la sollicitude pour nos Eglises-mères et traditions liturgiques, linguistiques et culturelles respectives, ni couper les ponts avec elles ». « La prise de conscience de la nécessité de l’unité de l’orthodoxie en Europe occidentale [...] est aujourd’hui de plus en plus partagée par tous, même si les modalités et les moyens concrets pour parvenir à cette unité demeurent encore discutés », a-t-il poursuivi, avant de rappeler le travail engagé dans le cadre des rencontres préconciliaires panorthodoxes ainsi que des assemblées des évêques qui se mettent en place dans les différents pays de la « diaspora ». « Aujourd’hui, avec les autres évêques en charge des communautés des différentes immigrations d’orthodoxes venus en Europe occidentale et des communautés orthodoxes françaises, anglaises, italiennes et autres, apparues dans ces différents pays, notre Archevêché participe, à sa mesure, à l’édification d’une orthodoxie localement unifiée, fidèle à ses racines, ouverte au témoignage avec les autres chrétiens dans la société où nous avons été appelé à vivre, tout en restant missionnaire conformément au commandement de notre Seigneur et Maître Jésus-Christ d’aller enseigner toutes les nations », devait-il ajouter en conclusion.

Présentation du rapport du Conseil de l’Archevêché et de l’Administration diocésaine par Michel Sollogoub

Le père Wladimir Yagello donne ensuite la parole à M. Michel Sollogoub qui présente un rapport sur l’activité du Conseil de l’Archevêché et de l’Administration diocésaine. Dans son rapport, Michel Sollogoub passe en revue tous les aspects du travail mené par l’Administration diocésaine et le Conseil de l’Archevêché au cours des trois dernières années : les réunions de ce conseil, le travail administratif, le travail de communication avec le site de l’Archevêché, le feuillet de l’Exarchat qui parait maintenant régulièrement et en est à son 23e numéro, l’annuaire, les conférences diocésaines et les assemblées pastorales, la catéchèse pour les nouveaux arrivants, les projets de fondation et le service social. Il s’est étendu sur la défense de notre patrimoine face « à ce qu’il faut bien continuer d’appeler une offensive contre notre Archevêché », a-t-il indiqué.

« En Angleterre », a-t-il poursuivi, « le conflit juridique mené dans les règles spécifiques de la justice d’Outre Manche a été perdu. La justice britannique a estimé que l’actuel diocèse de Souroge relevant du Patriarcat de Moscou, ainsi que la paroisse occupant la cathédrale à Ennismore Gardens, sont respectivement la continuation de l’ancien diocèse et de l’ancienne paroisse. [...] Le juge a décidé de suivre les conclusions du Ministère public (Attorney General) et donc de reconnaître la continuité juridique entre le diocèse de Souroge et l’actuelle direction du diocèse du Patriarcat de Moscou en Grande-Bretagne, ce qui prive les membres du Vicariat de toute possibilité légale de prétention sur tout ou partie du patrimoine du diocèse de Souroge qu’ils ont pourtant contribué à constituer, pendant plusieurs décennies, sous l’épiscopat du défunt métropolite Antoine (Bloom). A la fin de l’année 2009 on peut considérer que les litiges avec le Patriarcat de Moscou en Angleterre sont terminés : les traces laissées par ces pénibles affaires sont nombreuses et mettront du temps à se guérir. Certaines sont d’ordre spirituel et d’autres sont matérielles. C’est ainsi que le Père Alexandre Fostiropoulos a dû abandonner la maison qu’il occupait depuis longtemps et qu’il a subi de lourdes pertes financières. Mais si, sur le plan civil et judiciaire, nous avons essuyé un échec, sur le plan de la vie ecclésiale, cette épreuve nous pousse tous et plus particulièrement nos frères du RU à se tourner toujours davantage vers l’essentiel : le témoignage et la vie en Christ dans les circonstances contemporaines sans référence à une appartenance nationale.

L’affaire de Biarritz est désormais close. Notre association paroissiale a eu gain de cause à tous les niveaux, de la première instance à la Cassation. Par contre, à Nice, par un jugement en date du 20 janvier 2010, le Tribunal de première instance a rendu une décision décrétant que la cathédrale Saint-Nicolas était la propriété de la Fédération de Russie. Le Conseil a unanimement déploré ce jugement. (voir la Déclaration du Conseil du 29 janvier 2010). L’association paroissiale a interjeté appel de la décision du tribunal de Nice après consultation de juristes qui ont estimé que le jugement de première instance laissait de côté trop d’éléments de notre argumentation et devait être réexaminé en appel. Notre avocat est entrain de rédiger les premières conclusions en réponse à ce jugement. Puis la partie adverse présentera ses conclusions en réponse, puis nous présenterons notre deuxième jeu de conclusions et l’adversaire répondra. L’audience en appel ne pourra sans doute pas intervenir avant le premier trimestre de l’année prochaine, le jugement peut-être avant l’été 2011. D’ici là il faudra résister aux actions des représentants de la Fédération de Russie qui, forts du résultat obtenu en première instance et ignorant le mode de fonctionnement des associations cultuelles en France, s’imaginent pouvoir imposer leur volonté dans la gestion de la paroisse. Des tentatives ont été faites en ce sens et il faut saluer le travail mené par le Père Jean Gueit avec détermination, courage et abnégation pour défendre les intérêts de la paroisse, tout en étant ouvert à des offres de dialogue raisonnables en attendant le règlement définitif du dossier. Michel Sollogoub a tenu encore à indiquer que, contrairement à ce qui se dit sur certains médias, et à ce qui est parfois affirmé par des officiels russes, aucune proposition écrite n’a jamais été faite ni à notre Archevêché ni à notre paroisse en vue de trouver un compromis dans cette affaire. Des propositions, le plus souvent vagues, ont été formulées par voie de presse, mais sans plus. L’Archevêché soutient sa paroisse à Nice en continuant à rappeler qu’en vérité, pendant plus de 70 ans l’Etat soviétique dont la Fédération de Russie se réclame la continuatrice, occupé qu’il était à construire une nouvelle société d’où seraient bannies la foi chrétienne, a abandonné la cathédrale de Nice à son sort. « Cette affaire est tragique pour nous tous », a souligné Michel Sollogoub, « et c’est une erreur majeure pour l’image de la Russie moderne en France ». « Je regrette vivement que, alors que certaines voix en Russie même évoquent la restitution des biens des Russes spoliés par le gouvernement soviétique, voici que le gouvernement de la Russie moderne s’en prend aux rares biens que nos grands-parents ont sauvegardé comme les ultimes vestiges de leur patrie perdue et qu’ils ont entretenus et enrichis comme ils l’ont pu et souvent, comme à Nice ou en d’autre lieux, en y consacrant beaucoup de ce qu’ils avaient pu préserver. Il s’agit bien d’un déni de l’œuvre de l’émigration dont nous sommes les héritiers. Je regrette aussi vivement que cette position ne soit pas partagée par la totalité des descendants de l’émigration russe », a-t-il dit. « Il faut, en effet, considérer l’Archevêché pour ce qu’il est : une entité ecclésiale à la longue et riche histoire forgée dans l’émigration russe, ici, en Occident, et qui aspire à y poursuivre son témoignage pour le bien des fidèles qui y trouvent la voie de la Vie éternelle. Une entité ecclésiale enracinée dans la tradition liturgique spirituelle et théologique russe : la Russie est incontestablement la patrie spirituelle de ceux de nos fidèles qui ne sont pas d’ascendance russe. Pour les autres, elle est une Patrie tout court », a ensuite déclaré Michel Sollogoub.

Enracinée dans la tradition russe, mais ouverte à tous : l’Orthodoxie ayant une dimension universelle comme l’enseignaient les « théologiens de l’Ecole de Paris », « nous croyons que le message du Christ transmis dans son authenticité par notre Eglise orthodoxe s’adresse à tous les hommes, quelle que soit leur nationalité, et que nous avons à en témoigner là où Dieu nous a donné de vivre ». « C’est la vocation unique de notre Archevêché. Nos Pères l’avaient pressenti dès les années quarante. Nous nous efforçons de lui rester fidèles : dans la pauvreté certes, car aucune Eglise mère nationale ne nous soutient - nous n’avons ni passeport diplomatique pour nos clercs, ni moyens de pression politiques,- avec le dévouement et l’abnégation de ceux qui savent où est l’Unique Nécessaire et qui ne tirent aucun avantage de leur service désintéressé. Dans le respect aussi de l’esprit du Concile de Moscou de 1917-1918, que notre Archevêché est le seul en Europe à pratiquer, qui donne à la communauté paroissiale l’autonomie indispensable à l’engagement conscient et responsable des fidèles dans la vie de l’Eglise. Ouvert sur les cultures du monde, respectueux dans l’esprit de l’Evangile de la liberté par rapport à toutes les puissances de ce monde, fidèle en cela à la parole du Métropolite Euloge : La liberté de l’esprit dans l’Eglise est sacrée », a-t-il poursuivi.

Le rapport du secrétaire du conseil de l’Archevêché s’est achevé sur quelques orientations proposées à l’assemblée pour la prochaine période : un pèlerinage en Terre Sainte en 2011-2012, la mise au point d’un texte « définissant, précisant et explicitant la raison d’être de notre Archevêché et traçant des perspectives pour son développement », l’organisation d’un fonds de dotation pour soutenir financièrement les travaux de restauration de nos églises et de nos bâtiments.

Discussions à la suite de la présentation des deux rapports

A l’issue de la lecture de ces deux rapports, chacun très longuement applaudis, a lieu un échange d’opinions au cours duquel prennent la parole successivement Mme Marie de Grotthus (paroisse de la cathédrale, Paris), M. Domniki Onanachvili (le Creusot), le père Nicolas Rehbinder (paroisse de l’Entrée de la Mère de Dieu au Temple, Paris), le père Christophe D’Aloisio (Bruxelles), le père Boris Bobrinskoy, le père Lambert van Dinteren (Nantes), le père Alexandre Fostiropoulos (Londres-Clapan) et M. Michel Sollogoub.

Durant ce débat, le père Nicolas Rehbinder regrette l’existence de divisions au sein de l’Archevêché et de conflits entre l’Archevêché et le Patriarcat de Moscou, avant de déclarer : « Nous ne pouvons pas construire contre l’Eglise russe, mais avec elle » et de se demander « n’y a-t-il pas dans notre attitude des choses à changer pour faire avancer les choses ? ». Le père Christophe D’Aloisio souligne lui aussi la nécessité de « cultiver l’esprit de réconciliation et d’amour », mais, s’interroge-t-il, « quand l’autorité administrative de l’évêque est remise en cause par l’intervention des tribunaux civils, quand nous sommes attaqués par d’autres diocèses orthodoxes, qui vont jusqu’à prendre nos paroisses de force, que faisons-nous concrètement ? Comment devons nous continuer à entretenir nos relations avec ces mêmes juridictions ? Où en sommes nous de nos relations avec les autres juridictions quand elle nous agressent ? » Le père Boris Bobrinskoy exprime son accord avec les deux intervenants. « Nous sommes meurtris par les divisions, les calomnies, les médisances », affirme-t-il, avant de suggérer la mise en place d’un groupe de réflexion pour entrer en contact avec les autres juridictions. Il est important de ne pas s’enfermer dans « notre conviction réelle et vraie sur ce qu’est l’Eglise », mais d’arriver à « créer des liens de réconciliation » afin de « dépasser les obstacles ». Le père Lambert van Dinteren estime pour sa part que « nous avons une part de responsabilité, car nous n’avons pas osé dépasser notre russité, alors que nous aurions pu aller plus loin ». « Il ne suffit pas de proclamer que dans l’Eglise il n’y a ni Russe, ni Grec, ni Roumain, il faut le vivre », et « au moment où certains diocèses nient l’esprit d’unité orthodoxe supranational, voire même cherchent à détruire cette unité là où elle existait, en semant la division, il faut retourner à l’essentiel, suivre le Christ là où nous sommes », a-t-il dit. « Malgré le fait que l’on nous prend nos églises, que l’on nous attaque et on nous fait souffrir, il faut oser vraiment être l’Eglise du Christ », ajoute-t-il. Le père Alexandre Fostiropoulos estime de son côté que « nous sommes à un moment tournant ». Il faut toujours garder à l’esprit ce qui fait l’essentiel de la « tradition russe » à laquelle fait référence l’archevêché, c’est avant tout son esprit d’ouverture et sa permanence d’action malgré les difficultés, dit-il. Malgré les souffrances et les difficultés, nous devons agir en serviteurs et témoins du Christ dans les pays où nous vivons, là où le Christ nous a appelé à vivre, et pas dans les pays d’où nous venons » Le père Fostiropoulos attire aussi l’attention de l’Assemblée sur le travail avec les jeunes, trop souvent délaissés et parfois désintéressés de la vie de l’Eglise. « Il faut que tous les jeunes dans nos paroisses puissent être intéressés à la vie de l’Eglise », conclut-il. M. Michel Sollogoub souligne, dans son intervention, que pour l’Archevêché il n’a jamais été question de se placer ou de construire « contre l’Eglise russe ». Et on ne peut pas laisser affirmer que l’Archevêché n’a pas tendu la main pour ouvrir un dialogue avec le Patriarcat de Moscou : « A nos nombreuses demandes en ce sens, depuis six ans, et encore récemment il y a trois mois, nous n’avons jamais reçu de réponse ». « La volonté de dialogue de notre côté existe, mais nous ne sommes pas en situation de dialogue, car pour qu’il y est discussion, il faut la confiance et beaucoup d’actes du Patriarcat de Moscou n’engagent pas à la confiance », a-t-il encore expliqué.

Questions diverses

Après ce débat, a lieu la présentation des rapports d’activité de différentes institutions ou services relevant de l’Archevêché : l’archiprêtre Nicolas Cernokrak, doyen de l’Institut de théologie orthodoxe de Paris (Institut Saint-Serge), présente un rapport sur les activités de l’Institut au cours de l’année écoulée, M. Oleg Lavroff présente le service diocésain de fourniture en objets liturgiques et cierges (SDO), dont il est le gérant, Mme Nathalie Fried donne un aperçu du travail social mené par l’Aide aux paroisses de Russie, le père Wladimir Yagello décrit les activités de l’équipe de Catéchèse pour les nouveaux immigrants en langue russe, dont il assure la coordination, enfin le père Christophe D’Aloisio annonce le plan d’un projet de livret de catéchèse orthodoxe pour les enfants en langue française.

M. Michel Sollogoub rappelle ensuite les modalités de l’élection au Conseil de l’Archevêché, puis est présentée la liste des candidats soit proposés par le Conseil, soit par les paroisses : les pères Syméon, Eugène Czapiuk et André Dorobot (proposés par le Conseil) et le père Jivko Panev (proposé par la paroisse de Chaville), MM. Michel Sollogoub, Nikita Struve et Serge Runge (proposés par le Conseil). Il est ensuite demandé à l’assemblée si d’autres candidats désireraient se présenter. Aucune candidature spontanée n’étant avancée, la liste est close. L’Assemblée clôt ses travaux à 17 h 50. Elle est suivie par la célébration des vêpres et des matines, dans l’église Saint-Serge, en slavon, en français et en anglais, par les père Alexandre Fostiropoulos et Serge Sollogoub.

Liturgie du 1er mai

Le 1er mai, après la célébration de la Divine Liturgie dans l’église Saint-Serge, sous la présidence de Mgr Gabriel, 8 prêtres et 3 diacres, l’AGO reprend ses travaux à 10 h 30 par le triple chant du tropaire de Pâques. Le père Wladimir Yagello donne le nombre des présents à cette 2e session (166 délégués), puis il rappelle la liste des candidats au Conseil de l’Archevêché et leur demande de se présenter, ce que chacun d’entre eux fait brièvement.

Avant que l’Assemblée ne procède à l’élection des membres du Conseil, Mgr Gabriel tient à réaffirmer qu’il laisse les délégués libres de voter comme ils le souhaitent, “en leur âme et conscience”, mais il leur demande d’élire au conseil l’archimandrite Syméon. Se déroule ensuite la procédure de vote.

Présentation du Rapport financier par Alexandre Victoroff

Pendant le dépouillement, M. Alexandre Victoroff, trésorier de l’Archevêché, présente un rapport financier pour la période écoulée. Dans son exposé, il indique que les résultats de fonctionnement sont déficitaires en 2007 et assez largement bénéficiaires en 2008 et 2009. Ceci est essentiellement dû à de bons versements des cotisations des Paroisses ces deux dernières années. Les résultats globaux en revanche sont déficitaires en 2007 et 2009, et bénéficiaires en 2008. Ceci s’explique essentiellement par deux phénomènes : d’une part, des prêts importants accordés à la SISP qui gère la propriété de la « Colline Saint-Serge » et au doyenné de Grande-Bretagne, d’autre part, des dépenses importantes pour les contentieux judiciaires de Nice et de Biarritz. Le Prêtre René Boulet, président de la Commission de Contrôle, présente ensuite le compte-rendu du contrôle des comptes effectué en avril 2010. Il indique que les comptes ont été menés en conformité avec les principes comptables généralement admis et que les divers livres d’enregistrement et de compte sont parfaitement tenus. Sur la base des documents présentés, les états donnent une image correcte de la situation de l’Archevêché. Certains intervenants demandent quelques éclaircissements sur quelques lignes budgétaires, d’autres proposent d’envisager à l’avenir la possibilité d’une légère augmentation des contributions des paroisses au financement du diocèse, d’autres encore s’interrogent sur les services rendus par SDO et notamment les modalités d’achat des cierges. Les renseignements nécessaires donnés, l’Assemblée approuve les bilans de recettes et dépenses présentés par M. Victoroff.

Membres élus du Conseil de l’Archevêché

Le père Yannick Provost annonce le résultat du scrutin pour le Conseil de l’Archevêché :

Nombre de votants - 166. Nombre de bulletins nuls - 6.

Ont obtenu :

Élections des membres du clergé :

Archimandrite Syméon 155 voix (élu)
Archiprêtre Eugène Czapiuk 119 voix (élu)
Archiprêtre André Drobot 109 voix (élu)
Prêtre Jivko Panev 89 voix

Elections des membres laïcs :

Michel Sollogoub 156 voix (élu)
Nikita Struve 153 voix (élu)
Serge Runge 146 voix (élu)

Message au Patriarche Bartholomée

Mgr Gabriel donne lecture de la lettre en anglais que lui avait adressée le Patriarche œcuménique Bartholomée Ier à l’occasion de la réunion de l’Assemblée générale de l’Archevêché, et le père Wladimir Yagello fait une traduction orale de cette même lettre en français. Mgr Gabriel propose de répondre au Patriarche Bartholomée Ier, au nom de l’Assemblée, par le message suivant, dont il donne lecture :

« Votre Toute-Sainteté ! Réunis les 30 avril et 1er mai 2010, dans les locaux de l’Institut Saint-Serge à Paris, sous la présidence de notre archipasteur, S. Em. l’Archevêque Gabriel de Comane, les membres de l’Assemblée générale clérico-laïque de l’Exarchat des paroisses de tradition russe en Europe occidentale, après avoir entendu le message de salutation et de bénédiction que vous leur avez adressé, tiennent à exprimer à Votre Sainteté leur affection et leur respect filial.

Alors que Votre Sainteté s’apprête à effectuer un pèlerinage en Russie, le pays d’origine des parents et grand-parents de beaucoup d’entre nous, et à rendre visite à l’Eglise russe dont l’Eglise de Constantinople est l’Eglise-mère, nous prions le Seigneur de guider vos pas et votre action pour l’utilité de l’Eglise et l’union de tous dans la foi en Christ ressuscité.

Nous saisissons aussi cette occasion pour vous exprimer notre demande instante de continuer à garder votre protection sur notre entité ecclésiale en tant que votre Exarchat des paroisses de tradition russe en Europe occidentale, dans le respect du Tomos patriarcal et synodal tel qu’il a été proclamé en la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris en juin 1999 et des statuts de notre entité ecclésiale adoptée en février 1998 après leur approbation par le Saint-Synode du Trône œcuménique.

Nous recommandant tous à vos saintes prières et demandant votre bénédiction patriarcale. Paris, le 1er mai 2010 »

Les membres de l’Assemblée approuvent le contenu de ce message.

Élection des suppléants

Ensuite, ils procèdent à l’élection des suppléants au Conseil de l’Archevêché et de la Commission de Contrôle, à partir de la liste de candidats préalablement établis par le Conseil de l’Archevêché auxquels s’ajoute la candidature spontanée de M. Basile Breslavtsev. A l’issue du scrutin, sont élus suppléants au Conseil de l’Archevêché : les Pères Alexis Struve, André Krementsoff et Vladislav Trembovelsky, M. Cyrille Sollogoub, Mme Irina Krivova et M. Nicolas Mojaïsky ; et membres de la Commission de Contrôle : les Pères René Boulet et Jean Maquart, MM. Basile Kotshoubey et Kirill Kharchenko.

Conclusion de l’Assemblée Générale

Dans son discours de conclusion, l’archevêque Gabriel exprime sa satisfaction pour cette « rencontre fraternelle et positive ». Il s’adressé aux clercs, leurs rappelant qu’ils ont la lourde tache d’être « l’image de l’Eglise » dans la société, car « notre Eglise fait partie de cette société, même si spirituellement nous ne sommes pas de ce monde ». Aux laïcs il demande de s’engager pleinement dans la vie de leurs paroisses, « en pleine collaboration avec le clergé ». Il tient aussi à rappeler que, dans le diocèse, il y a des paroisses encore entièrement russes et qu’elles ont une mission importante d’accueil et de transmission, et qu’il n’est pas question de les voir abandonner le slavon dans les célébrations liturgiques et leur pastorale spécifique à l’égard des russophones. « Il faut tenir compte des réalités », indique-t-il à ce sujet. « La question de l’appartenance juridictionnelle à tel ou tel patriarcat n’est pas une question très importante aujourd’hui », déclare-t-il ensuite, car il y a eu la récente réunion de la commission préparatoire pan-orthodoxe à Chambésy qui a montré les grandes lignes suivant lesquelles la question de la « diaspora » doit être réglée. « Il faut laisser les Eglises-mères décider », tout en espérant « être consultés quant à notre avenir ». Il faut aussi ne pas oublier que « nous ne sommes pas seuls », il y a d’autres diocèses relevant d’autres patriarcats, représentant d’autres traditions, « nous devons travailler ensemble, avec eux ». « Il n’est pas question de renier quoique ce soit, mais en même temps nous sommes ouverts, nous savons qu’il y a d’autres traditions, d’autres approches, nous devons les écouter et les respecter. C’est notre défi », ajoute-t-il.

A 12 h 55, Mgr Gabriel annonce la clôture des travaux de l’Assemblée qui se termine par le chant de l’hymne pascale à la Mère de Dieu. Les délégués quittent la salle pour une photo générale à l’extérieure, suivie par le déjeuner commun dans le réfectoire et dans le jardin de l’Institut.

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