Synaxe des Églises orthodoxes à Genève-Chambésy

Le 22 janvier 2016 les travaux de la synaxe des primats et des représentants de toutes les Églises orthodoxes locales ont débuté au Centre orthodoxe du Patriarcat de Constantinople à Chambésy, sous la présidence du patriarche œcuménique Bartholomée I. Au cours de la synaxe, qui a duré une semaine, les primats ont discuté sur les questions concernant la préparation du Concile Panorthodoxe(ci-joint la Communiqué du Secrétariat de la Sainte Synaxe).

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Le dimanche 24 janvier en l’église Saint-Paul à Chambésy, le patriarche œcuménique Bartholomée a présidé la divine liturgie. Avec Sa Sainteté ont concélébré les patriarches : d’Alexandrie Théodore, de Jérusalem Théophile, de Moscou Cyrille, de Roumanie Daniel, de Géorgie Élie, de Serbie Irénée, de Bulgarie Néophyte, ainsi que les archevêques : de Chypre Chrysostome, d’Albanie Anastase, des Terres tchèques et de Slovaquie Rostislav et le métropolite d’Ilia Germain (représentant de l’Église orthodoxe de Grèce). Après la lecture de l’Évangile, le patriarche Bartholomée a prononcé une homélie :

Chers frères dans le Christ,

Pendant des décennies, le Centre orthodoxe de Chambésy, sous la direction de feu le Métropolite Damaskinos Papandreou de bienheureuse mémoire et aujourd’hui de son Éminence le Métropolite Jérémie de Suisse, secrétaire de la préparation du Saint et Grand Concile a œuvré, afin que, d’une manière plus précise nous établissions la place et la vocation de l’orthodoxie dans le monde, reconnaissant l’évolution de notre paysage ecclésial et des transformations sociales. Ce temps de préparation était long. Il était néanmoins nécessaire pour permettre le déploiement d’une conscience synodale et catholique dans le cadre des fermentations Panorthodoxes. Ces travaux servent déjà de lumière pour la vie de notre Église et constituent une source d’enrichissement spirituel. Nous sommes aujourd’hui au carrefour de l’Histoire. Car les immenses difficultés que rencontrent nos contemporains, exigent une responsabilité qui dépasse nos institutions ecclésiales. Le Christ est au centre de l’Histoire. Le Christ est au coeur de la vie. Il chemine dans le temps. Il passe à côté de nous, comme à Jéricho à côté de l’aveugle. Selon la lecture évangélique de ce jour, l’entendons-nous, lui et sa foule ? Le voyons-nous, absorbés que nous sommes dans notre pauvreté et dans notre mendicité ? Selon le commentaire de saint Éphrem le Syrien, « Quand Notre Seigneur vit que les yeux de son cœur étaient bien ouverts, et les yeux de son corps aveugles, il éclaira les yeux du corps, comme ceux du cœur, afin que, lorsque l’aveugle voudrait encore accourir à lui, il vît clairement son Sauveur. » L’avènement du Saint et Grand Concile servira à porter le témoignage de l’unité de l’Église orthodoxe. Sa convocation, marquera une étape décisive dans la vie de notre Église. Le Concile ne se limite pas à l’événement en tant que tel, mais il doit être compris comme un processus englobant, qui se déploie aussi bien dans le passé que dans le futur. Nous sommes donc déterminés à proclamer le message de l’orthodoxie. Nous reconnaissons que l’unique manière de sortir des tentations confessionnelles isolationnistes passe par le dialogue dans un échange constant avec « l’autre », qu’il soit notre prochain, la société, les autres religions, ou encore la création tout entière. Car l’orthodoxie est une culture du dialogue à travers laquelle Dieu parle au monde. Dieu est identique à la Parole, comme nous le dit saint Jean le Théologien : « Au commencement était le Verbe, le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu » (Jn 1, 1). Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ Λόγος καί ὁ Λόγος ἦν πρός τόν Θεόν, καί Θεός ἦν ὁ Λόγος. Il est aussi de notre devoir, à la fois d’entendre et de dire cette Parole de Dieu : en faveur des chrétiens persécutés, et des minorités qui à travers le monde sont en danger ; en faveur de ces centaines de milliers de réfugiés qui fuient la guerre et souffrent le déracinement ; en faveur de ces personnes les plus vulnérables, laissées pour compte ; en faveur des victimes du terrorisme et des fondamentalismes, qui utilisent et abusent de la religion pour des raisons politiques. Notre espoir est que ce Concile serve de catalyseur pour l’humanité tout entière, grâce à la force d’unité dont il sera porteur entre les Églises orthodoxes. Aujourd’hui, nous posons un jalon historique. Et nous confions à la prière d’un plus grand nombre l’avènement du Saint et Grand Concile. Nous sommes attachés à la continuité théologique de notre foi en Jésus-Christ qui s’exprime à la fois par l’enseignement de l’Église apostolique et par celui des Pères de l’Église. Si notre Tradition est riche et bien vivante, elle doit trouver les mots qui parlent aux défis de notre époque. Ce fut, en effet, l’intuition prophétique de notre prédécesseur le Patriarche Oecuménique Athénagoras lorsqu’il confiait à Olivier Clément : « Le grand concile que nous préparons permettra au peuple de notre Église de mieux vivre sa foi. Il s’efforcera non seulement d’adapter à l’homme d’aujourd’hui notre Tradition, mais de rendre à celle-ci sa force d’inspiration et de renouveau. Par là, il fera œuvre œcuménique. Le renouveau est inséparable du partage et de l’unité ».

Cette concélébration des primats témoigne que l’Eglise du Christ est une, sainte, catholique et apostolique. Des photos peuvent être visionnées ici.

La synaxe a décidé que le Concile Panorthodoxe se tiendrait en Crète du 16 au 27 juin 2016.

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