Visite pastorale de Mgr Jean à à Chelles - Gagny

Répondant à l’invitation du doyen du Nord-Est parisien, le Très révérend Archiprêtre André Drobot, le dimanche 14 janvier 2018, Son Eminence Mgr Jean s’est rendu en visite pastorale à la paroisse Saint Seraphim de Sarov - Sainte reine Bathilde à Chelles - Gagny.

Au début de la liturgie l’Archevêque a bénis l’église où viennent d’être d’achevé des travaux de restauration.Ont concélébré l’archiprêtre André Drobot, le hiéremoine Elisée, le R. P. Adrien Haraha et le Protodiacre Jean Drobot.

À la fin de la Liturgie, Mgr Jean a remercié chaleureusement les prêtre pour leur travail pastoral et a exprimé sa gratitude au conseil paroissial ainsi qu’à toute la communauté.

Historique de la paroisse :

Vers le début des années 30, des russes se sont installés dans le quartier des Abbesses à Chelles, des terrains y étaient lotis par Poliet et Chausson dans ce secteur humide, mal drainé où l’on pouvait acquérir à bon prix quelques mètres carrés. Le bouche à oreille a fonctionné et en assez peu de temps c’est une population, principalement constituée de cosaques du Kouban qui s’est installée dans le quartier.

Peu de temps après une église fut construite, sous l’impulsion du père jean Grigor-Klotchko, sur un terrain pour lequel l’Association avait une option d’achat. L’église fut inaugurée pour Pâques 1933. La paroisse consacrée à Saint Seraphim de Sarov était sous l’omophore du métropolite Seraphim, de l’Eglise Russe Hors frontières. Lorsque en 1938 l’Association voulut acheter le terrain, la propriétaire fixa un prix trop élevé et l’ Association préféra démolir l’église pour la reconstruire à un autre endroit sur un terrain à cheval sur les communes de Gagny et de Chelles, et les départements de Seine et Marne et de Seine et Oise. C’est’église actuelle, qui date de 1939 ;

La paroisse comptait à l’époque 54 cotisants et était régulièrement desservie. Les terrains des maisons furent bien utiles quand tout vint à manquer pendant la guerre, nos bons cosaques avaient des poules, des lapins, un potager qui rendirent bien des services à l’heure des restrictions. L’effectif de la paroisse ne changea guère, les départs étant compensés par l’arrivée de quelques parisiens, fuyant la capitale. La période des restrictions fut dure ici aussi, mais les occupants allemands ne se sont manifesté que peu. Il convient, cependant d’évoquer le souvenir du Père Serge Pfefferman, contraint de cacher son étoile jaune sous un livre qu’il portait sur la poitrine.

La libération se passa calmement, malgré quelques règlements de comptes et quelques dénonciations Mais le problème fut provoqué par le métropolite Séraphim qui prit l’option du patriarcat de Moscou. Il semble bien que le prêtre qu’il envoya à Chelles ne fit qu’amplifier cette option et provoqua le mécontentement des paroissiens en manifestant des prises de position tendancieuses. C’est alors que le Conseil Paroissial déclara ne plus vouloir dépendre d’aucune juridiction - les cosaques aimaient leur liberté !! Ce n’est que peu de temps plus tard ayant besoin d’un prêtre que la paroisse fit appel et fut acceptée par le métropolite Wladimir de l’Eglise Patriarcale.

La population de la paroisse allait vieillissant mais restait supérieure à 50 cotisants. Il y eut à l’époque un cercle de dames et tune école du jeudi La présence russe dans la région était renforcée par l’existence de deux maisons de retraite russes : La Croix Rouge Russe à Chelles et Zemgor à Gagny chacune disposant d’une chapelle. C’est le père Nicolas Ivanov résidant à la maison de Gagny qui desservait la paroisse, amenant avec lui des pensionnaires de l’établissement.

Nous connûmes un moment difficile au décès du père Nicolas, n’ayant plus de prêtre. C’est alors que, faisant partie du conseil Paroissial, je pus utiliser mes bonnes relations avec le père Alexis Kniazeff, recteur de l’Institut Saint Serge, qui plusieurs années durant nous a envoyé des étudiants ordonnés qui bénéficiaient ainsi d’une pratique paroissiale qu’ils étaient loin de tous avoir. Devons nous nous vanter de ce que plusieurs évêques sont passés par le service de notre paroisse.

Et puis il y eut le père Alexandre Trofimoff, venant de Kharbin en Chine, veuf d’une épouse chinoise massacrée par les Gardes Rouges, il résidait alors dans un foyer à Moisenay près de Melun (où il fallait aller le chercher pour les offices). Il put ensuite résider dans la maison de la Croix Rouge Russe à Chelles. Visionnaire, il se rendait compte de l’évolution de la paroisse, voyant le nombre de jeunes, il nous engageait à évoluer vers les célébrations en français. La pratique du français dans la paroisse se développait très lentement Elle était encouragée par le père Nicolas Samarine, qui qui venait de l’Institut Saint Serge animer les réunions qu’on organisait avec les jeunes qui fréquentaient l’église. C’est dans le cadre de ces visites que nous fîmes la connaissance de notre futur Archevêque, qui venait à Chelles en compagnie du père Nicolas.

L’effectif de la paroisse allait diminuant. Les fondateurs âgés mouraient, les uns après les autres, et tandis que je travaillais, mon épouse assurait les obsèques avec les prêtres qui venaient. Et puis un jour, le père Alexandre étant souffrant, j’eus l’occasion pour un office, de faire appel au Père Jean-Marie Arnould Il était en surnombre dans la paroisse des Saints Docteurs et accepta de venir nous desservir, avec l’accord de nos évêques, étant ainsi « en prêt » du patriarcat de Moscou. Il célébrait en alternance avec le père Alexandre jusqu’ au décès de celui-ci. Homme de caractère, remarquable confesseur et père spirituel il ne manquait pas d’humour. C’est lui qui un jour nous a dit que « le passage du Christ est un évènement à faire monter les percepteurs aux arbres ».

L’œcuménisme marchait bien à cette époque et nous avions à Chelles un cercle biblique qui se réunissait une fois par mois. Que de bons moments de partage nous avons vécu alors. Dans un esprit œcuménique le père jeanMarie a alors associé la paroisse au Collectif Chrétien d’Action Fraternelle qui existe toujours à Chelles. C’est également l’époque où suite aux études menées par la société Archéologique de Chelles , nous pûmes en savoir plus sur la Sainte Reine Bathilde dont la canonisation du 9ème siècle est antérieure à la séparation des Eglises et dont la vénération dans notre église fut approuvée par l’Archevêque Georges (Wagner) mais le père Jean Marie luttait contre un cancer, qui l’empêchait de parler et de déglutir, et c’est ainsi qu’un jour il fit appel au Père Georges Bellières, aveyronnais issu de l’ECOF, qui le remplaça au pied levé et fit vivre la paroisse pendant plus de trois ans.

Le recteur désigné de la paroisse fut alors le Hièromoine Elisée (la paroisse avait été déclarée francophone ne 1983). Célébrant avec lui se trouva le père Adrien réfugié de Bukovine en Ukraine qui fut hébergé deux ans dans la maisonnette paroissiale où il vivait à l’étroit avec son épouse. Nos bonnes relations avec la mairie de Gagny nous permirent de lui obtenir un logement social.

Mais la composition de la paroisse évoluait beaucoup et rapidement : D’abord dans les années 80 on vit arriver des russes du milieu dissident, puis après 1990 des russes principalement réfugiés économiques, puis depuis la fin des années 90 des Ukrainiens, des Moldaves et des Roumains dont certains furent heureux de trouver une église orthodoxe près de chez eux. Peu à peu les offices furent de moins en moins francophones. Les fondateurs du début étaient maintenant tous au cimetière. Les tenants de la francophone étaient de moins en moins nombreux- on revenait au slavon et pour couronner le tout on revint au calendrier julien.

Nos évêques nous ont toujours soutenu et nous eumes successivement la visite de Monseigneur Méthode, Georges (Tarassoff) Georges (Wagner) Gabriel... ; La paroisse continue, de nouvelles forces vives s’y manifestent et avec la protection de ses saints patrons, l’un slavophone, l’autre francophone elle est sur le bon chemin pour arriver à son deuxième siècle d’existence.

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